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petit billet d’actu maman

Attention, âmes sensibles s’abstenir

Comme je vous le disais lors d’un précédent article, je m’apprête à devenir maman pour la seconde fois. Un certain nombre de sujets d’actualité me passionnent donc. La GPA. L’accouchement naturel. Et aujourd’hui j’ai envie de parler des violences obstétricales. J’y tiens, d’abord parce qu’entre jeunes mamans on se livre et on entend trop souvent des choses inacceptables et impunies. Je ne serai pas objective, pardon, tous ces sujets me touchent, me bouleversent et me mettent parfois hors de moi.

A propos de  l’accouchement “naturel”

Un jour, le petit ami d’une copine me dit: ” ma future femme accouchera sans péridurale comme ma mère et sa mère avant elle”. Voilà, comme tu n’es pas une femme, ton corps est concerné par?… Rien, ah oui c’est ça rien en fait,ton opinion ne m’intéresse pas. Ma réponse n’était pas loin, outrée je ne suis pas sûre d’avoir été diplomate. Donc en ce moment, le sujet de cet accouchement, à la maison, dans cet environnement intime et familier est au cœur semble-t- il du débat.

Il s’agit alors je pense d’un débat de riches. On critique l’accouchement trop médicalisé en oubliant que dans certains pays (même d’Europe) l’accès aux soins est moins facile et plus onéreux, voire inexistant.

D’abord les chiffres (institut national de la santé) pour 2016 en France

  •  épisiotomie( incision du périnée) 20%
  • administration d’ocytocine 44%
  • péridurale 82%
  • césarienne 20,2%

Bon voilà on parle beaucoup de ce sujet dans les médias, presse, tv, radio, mais en réalité, personnellement, je ne connais aucune maman ou future maman ayant envie de zapper la clinique ou l’hôpital… Les chiffres  ne vont pas non plus dans ce sens. Alors oui, il y a des couacs, des violences verbales ou physiques à l’hôpital pas rares malheureusement. Des expériences négatives qui je pense peuvent être évitées.

tu enfanteras dans la douleur

Oui parce que, malgré ce que j’ai pu lire, la péridurale pour moi, pour les mamans à qui j’ai pu m’adresser, bah c’est quand même un progrès. J’ai perdu les eaux un dimanche, je n’étais pas encore à 37 semaines. A l’hôpital, ils ont préféré me maintenir sous antibio et me  déclencher le jeudi à 13h. A 19 h, je ne trouvais déjà plus de position pour me soulager( malgré une très bonne préparation). A 21h, en larmes j’ai sollicité fortement le personnel… La péridurale a été posée peu après, j’étais en pleurs. J’ai accouché à 4h du mat. Merci la péridurale. Et non, je ne suis pas particulièrement douillette.

Mon expérience ne me permet pas de penser que j’aurai été mieux à la maison. Je ne m’en sens pas moins féministe. Je n’ai pas de regret concernant la manière dont l’accouchement s’est passé. Je n’ai pas eu l’impression d’une perte de contrôle. J’ai juste eu l’impression que ma douleur a été soulagée. C’est aussi le sentiment de celles pour qui cela a marché et avec qui j’ai échangé. Après, je peux comprendre le besoin de se retrouver dans un univers familier, plus rassurant/bienveillant. D’un point de vu personnel, ayant accouché d’un siège par voie basse, je remercie le personnel présent sur place( sage-femme, anesthésiste, interne, aide-soignante, médecin…) pour leur calme et leur bienveillance malgré le stress engendré. ( je crois que jusqu’à la dernière minute tout le monde pensait devoir faire une césarienne d’urgence)

Le sujet, c’est effectivement la surmédicalisation d’un accouchement qui, dans beaucoup de pays se fait de manière” plus naturelle”. J’ai lu pas mal de choses concernant l’accouchement aux pays Bas. Pour 30% des femmes, si la grossesse se déroule sans problème, elles accouchent de leur premier enfant à la maison. Elles sont suivies par des sages femmes en ville, ne sont pas particulièrement pesées, peu d’examens, toutefois, la future maman est libre d’accoucher à l’hôpital avec ou sans péridurale, mais tout cela a un coût. Leur taux de césarienne et d’épisiotomie est parmi les plus bas d’Europe. En cas d’urgence, le médecin est là en 45 min. Le taux de mortalité stagne en revanche.

Dans ce que je peux lire ou entendre, il y a parfois le manque d’information qui peut nous mettre le doute. Le fait de se sentir dépendante de ce corps médical qui est parfois surchargé, donc pas toujours très diplomate, nous mets alors dans une position d’infériorité qui fait que nous acceptons sur le coup certains propos humiliants et culpabilisant. On( et je parle aussi du papa la plus part du temps)se sent très seul et démuni, on ose pas faire valoir ses droits et souvent (très souvent) les violences vécues, même si elles ne sont pas volontaires découlent de situations banales.

Enceinte un toucher pelvien peut paraître banal. Pour ma première grossesse j’ai été suivie à l’hôpital, donc aussi vue par de nombreux étudiants.La sage femme qui me suivait le faisait réaliser systématiquement par son étudiante, sans me demander quoi que ce soit. Je ne savais pas alors que j’étais en droit de ne pas accepter ce toucher qui peut( a été dans mon cas) être très douloureux. Aujourd’hui, je vois la différence. Il n’est pas obligatoire à chaque consultation et on me demande avant de le faire.  C’est ce que j’appelle un progrès. Il s’agit tout de même d’un droit découlant de la loi Kouchner datant du 4 avril 2002.

Les violences obstétricales

Je suis concernée par l’épisiotomie et le déclenchement. Je pense que s’ils l’ont fait, c’est que c’était nécessaire. En revanche, je suis tombée sur 2 infirmières et une pédiatre qui m’ont infantilisée et ont été outrageuses, me faisant comprendre que je n’étais qu’une ignorante. Je ne peux l’oublier car c’est une période où l’on est vraiment plus sensible et je n’avais alors ni la force, ni les informations nécessaires pour faire valoir mon droit.  Je ne pense pas que tout le corps médical soit concerné( cela s’est très bien passé avec tout le reste des intervenants) mais je ne pense pas non plus que le manque d’effectif soit une excuse pour ne pas respecter une patiente.  Je pense en revanche( peut-être que les choses ont changé) que le personnel médical devrait être moins insistant concernant l’allaitement maternel. C’était mon souhait, mais j’en ai presque été dégoûtée.

Une amie, elle, arrive à la clinique en ayant perdu les eaux, col bien ouvert, se fait prendre en charge par une sage femme expérimentée, qui l’ausculte et  lui dit qu’elle va surement être déclenchée. Cela ne la dérange pas, c’est ce qui lui est arrivé pour ses 2 premiers enfants. Cette sage-femme termine son service et est remplacée par une autre, plus jeune, qui conteste le diagnostique et lui dit que de la sorte elle risque la césarienne. Mon amie et son mari demandent alors à voir le médecin. Ce dernier confirme le déclenchement. A partir de là, la sage-femme devient désagréable, crie sur mon amie pour qu’elle pousse et lui colle un masque sur le visage sans la prévenir en lui disant: “vous voyez, je vous avais prévenue, on va vous faire une césarienne!!!”, puis elle va chercher le médecin de garde qui ne comprenant rien, leur dit que non, rien ne justifie une césarienne…

A ce moment là, son mari demande à changer de sage-femme. Le calvaire se termine enfin, l’accouchement se déroule normalement. Sa fille va bien. Les jours qui suivent, mon amie se sent très faible et fait un malaise le jour où le médecin signe sa sortie. Elle l’avait pourtant prévenue qu’elle perdait de gros caillots de sang . Elle est aussi pressée de rentrer chez elle, faisant confiance au médecin.

De retour chez elle, les pertes de caillots continuent, elle se rend à l’hôpital le plus proche et le verdict tombe: ce ne sont pas des caillots mais des résidus placentaires qui auraient du être retirés lors de l’accouchement. A peine sortie de la clinique, elle est alors de nouveau hospitalisée une semaine, transfusée, à devoir tirer son lait car elle ne pouvait voir sa fille. De sortie, elle doit venir tous les 2 jours à l’hôpital pour un contrôle  car les médecins préfèrent que le placenta parte naturellement car une intervention pourrait perforer son utérus compromettant d’autres éventuelles grossesses.

Deux mois plus tard, c’est terminé.C’était pour son 3 ème enfant, c’est une personne raisonnable et discrète.Elle n’a pas porté plainte, mais ses jours ont été en danger et elle a l’impression que son accouchement a été gâché. Je ne connais pas la vie de la personne maltraitante, cependant, je ne peux comprendre. Il arrive parfois , dans chaque métier où l’on est pas au meilleur de soi même. Ici, je pense que si la personne avait été formée, elle n’aurait pas pris personnellement les requêtes de mes amis qui étaient d’une part justifiées et quoi qu’il arrive compréhensibles…

Concernant la gestion de la douleur, il y a des choses qui ne devraient pas avoir lieu. Une amie proche, en parlant de ses deux accouchements( 4 ans d’écart) faisait un constat assez étonnant: 2 grossesses plutôt similaires, sans pathologie particulière subissait à chaque fois un déclenchement( voie orale et pelvienne), 2 péridurales mal dosée, une trop, une trop peu, deux fois la poche des eaux a été percée dont la première fois sans anesthésie ce qui a été pour elle extrêmement douloureux et deux épisiotomies. Cela aurait il pu être évité? En tout cas, dans le doute, mon amie a eu l’impression d’avoir bien été prise en charge…

Sur ces points, l’avis des sages-femmes est en général bien tranché: quand il n’y pas de pathologie particulière, mieux vaut laisser faire la nature…

Une autre amie, elle, deuxième grossesse, a été placée dans une salle pendant 6 heures sans que personne ne vienne la voir. Elle a eu terriblement peur d’accoucher seule. Sa douleur n’a pas été prise en compte, elle a accouché sans péridurale. la sage femme lui disant” vous faites n’importe quoi, concentrez vous un peu!”. Cette amie fait pourtant partie du corps médical, elle n’a cependant pas osé émettre d’opposition, ni faire valoir son son droit de patiente.

Quoi qu’il arrive, il est tout à fait inadmissible de ne pas prendre en compte la patiente. Je précise que ce n’est pas dans le tiers monde mais dans un hôpital parisien réputé qu’elle a accouché.

Ce qui me gène dans ces histoires, ce sont les failles d’un système qui est pourtant très bon en théorie. La prise en charge et le suivi sont excellent. Effectivement, en France, il est compliqué d’accoucher ailleurs qu’à l’hôpital, mais n’est ce pas rassurant, d’avoir sur place tout le personnel médical en cas de problème, tous ces examens remboursés… Cela ne justifie en rien que certaines personnes du corps médical se permettent l’infantilisation et la condescendance sur le principe” vous et votre enfant êtes en vie, que voulez vous” ( encore une fois, je ne fais pas de généralité, mais si vous écoutez les jeunes mères, elles ont toutes quelque chose à raconter là-dessus).

Les témoignages que je vous ai livré n’ont pas été cherchés plus loin que dans mon entourage proche. J’ai entendu bien d’autres expériences, la seule chose que je peux vous dire, c’est que rare ( cela existe) sont celles qui font valoir leurs droits et osent refuser certains actes médicaux ou se défendent face à des attaques verbales.

En conclusion

Je ne crache pas dans la soupe. Notre système de santé est excellent, faut juste regarder un peu plus loin que le bout de son nez pour s’en apercevoir. Je ne crache pas non plus sur le personnel médical qui est parfois surmené, en sous effectif et n’ayant pas forcément conscience de l’impact de ses actes ou de ses paroles face à une personne dans une situation de sensibilité extrême. La majorité des intervenants en maternité sont je dois le reconnaître très humains et malgré tout on tombe aussi sur des personnes pleines de compassion et d’expérience.

Ceci dit, il s’agit d’humains, donc à mon sens, les  professionnels devraient être formés à ce sujet. Les accrochages peuvent arriver dans tous les milieux, on peut tomber sur une personne qui nous agace ou se comporte mal. Dans les cas cités, les personnalités( à moins de se transformer en grimlins le jour de l’accouchement ce qui est un mythe) ne sont pas particulièrement belliqueuses et leur ressenti est plus du genre ” je n’ai osé rien dire sur le coup, je me suis sentie dépendante et coupable” face à certaines personnes minoritaires, mais qui ont toutes eu un impact négatif sur ce moment unique et précieux…

Dans ce billet, je n’ai nulle intention de faire peur à celles qui n’ont pas encore accouché. Il s’agit bien sûr d’une expérience unique et propre à chacune. Je ne suis pas sûre aujourd’hui d’être mieux armée qu’hier, mais je suis prévenue. Le conseil que je peux vous donner et que j’applique à moi -même est de choisir ( quand on le peut bien sûr) sa maternité selon les classements et les résultats et surtout ne pas se laisser expédier. Une question? posons la. Un acte qui ne nous parait pas justifié, parlons en. La personne en face ne nous convient pas ou n’a pas le comportement approprié, demandons à changer, c’est notre droit

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